Découverte
Cugnon    - Cugnon

Situation :
Cugnon
6880 Cugnon

Contact :
SI de Bertrix-Semois
Place Chanoine Pierlot, 2
6880 CUGNON
Tél:+ 32(0)61/41 24 40

Dans le pays de
Bouillon
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Description
Le village, sur la rive droite de la Semois, à deux pas de Mortehan, surplombe quelques peu la Semois. Deux routes pour y accéder: la plus importante venant de Mortehan pour se diriger vers Auby traverse le village et franchit la Semois au « Gué la tour » situé près de la rue de la Forteresse. A voir : le château quadrilatère était construit en dalles de schiste, l'église Saint-Remi date de 1780, l'ancienne maison communale, d'anciennes fermes du XVIIIème siècle classées, son pont, son moulin, son hôtel et la taverne le Carpe Diem.Dans la région, vous apercevrez ça et là les derniers toits de " cornue ", faits de glaise et de déchets ardoisiers.
Histoire de Cugnon par Jean-Etienne Hallet.
Le petit village de Cugnon vient de recevoir coup sur coup la visite de deux associations françaises intéressées par les bâtiments classés et l’histoire des lieux : les VVF, abréviation des "Vieilles Familles Françaises", du département de la Meuse, et les membres du cercle Saint-Dagobert II, de Stenay, l’antique capitale mérovingienne du dernier roi d’Austrasie assassiné en 679 en forêt de la Woëvre. Ce village ne manque donc pas d’attraits pour attirer une clientèle internationale. Une brève évocation du passé de Cugnon permettra de comprendre l’intérêt que nous portons à ce coin d’Ardenne chargé d’histoire depuis les Celtes.
Le Camp gaulois : l’oppidum des Trinchis.
Au centre de la boucle de la Semois qui baigne la rive occidentale de Cugnon, on découvre l’oppidum gaulois des Trinchis, de l’époque de la Tène, qui sera occupé par l’armée romaine en lutte contre les Trévires au moment de la guerre des Gaules. Le rempart méridional, remis en état par André Matthys, inspecteur général du Patrimoine, en 1976, a conservé fière allure. Ce camp, de 600 m de longueur et d’une largeur moyenne de 100 m, protégé sur les flancs est et ouest par des à pics vertigineux, pouvait abriter une légion romaine de 4.000 hommes dans son enceinte de 6 ha 25. Le panneau placé par la SAS (Association pour la Sauvegarde des Sites Archéologiques de la Semois), à côté du rempart sud, permet de visualiser le site fortifié qui est occupé actuellement pour moitié par une pâture et pour le restant par une forêt de chênes.
L’importance stratégique du lieu est liée à la proximité du diverticulum de la chaussée romaine Reims - Trèves. Au départ d’Yvois (devenu Carignan en1657), la chaussée passait par Muno ou Grand-Hez, les Quatre Chemins où elle se joignait au chemin de Mortehan, venant de Sedan. De là, elle longeait le plateau culminant à 430 m d’altitude, au P’tit Bon Dieu, séparant la propriété communale de Pourru au Bois (France), de celle de Bouillon. Elle longe ensuite le ruisseau de Parfonru et atteint le gué, proche de l’embouchure, qui fut protégé au XVII° siècle par une redoute voulue par Louis XIV dans son système de défense de la Semois. Elle emprunte alors le "sentier des Moines" pour arriver à Thibeauroche puis aux Trinchis avant de se glisser lentement vers la Semois qu’elle traverse au Gué la Tour, dit aussi Gué de la Forteresse. C’est ici que chaque été la commune de Bertrix remonte un pont de claies, si cher aux touristes. Un natif du coin, Jean-Paul Wuyts prétend que c’est dans ce gué que Labienus, lieutenant de César, aurait combattu victorieusement le chef trévire, Indutiomar.
La grotte Saint-Remacle, au VIIe siècle
Cugnon doit une partie de sa célébrité à la période mérovingienne, lorsqu’au VIIe siècle, le roi d’Austrasie, Sigebert III, donne à l’évêque de Trèves, à destination de Rimagilus, le futur saint Remacle, abbé de Solignac, la terre de Congidunum (nom latin de Cugnon), dont je rappelle les limites :
- au sud, la Semois, entre la petra quadrata (pierre carrée) et Cugnon;
- au nord-est, le chemin du Seigneur qui relie Cugnon à la Géripont;
- au nord-ouest, le ruisseau des Aleines ("Alisna"), en aval de la Géripont jusqu’à la petra quadrata. Cette "pierre carrée" pose problème aux historiens : est-ce l’actuelle "Roche Percée", qui, au Moyen Age servait de limite aux trois évêchés de Reims, Trèves et Liège, ou bien est-ce la "Roche à Colas", liée sur le ruisseau des Aleines à la légende du Saut des Sorcières et du plateau du Hultai, ou encore la "pierre levée" du Tournant de Saint-Joseph, à l’entrée de la Cornette ? Beaucoup penchent en faveur de la Roche Percée. La charte de la donation de 644 nous apprend aussi que l’on devait ériger une abbaye que Conques par ailleurs revendique, abbaye qui ne verra jamais le jour à Cugnon. Selon la légende, saint Remacle vécut en ermite avec son âne qui allait chaque jour chercher sa nourriture dans les villages voisins d’Auby, de Cugnon et de Mortehan. Lorsque le loup eut mangé l’âne, le saint le chargea de cette besogne. Il aurait vécu quelques années dans la grotte qui porte son nom et qui fut magnifiquement restaurée en 1936 grâce aux bons soins du docteur Pierre Lifrange, bourgmestre de Bertrix. Saint Remacle ira enfin construire son abbaye à Stavelot - Malmédy, dont il sera le premier abbé. Cette abbaye vient d’être merveilleusement restaurée.
Le Moyen Age de la famille de Cugnon et des La Marck
Au XIIIe siècle, lors du démembrement du comté de Chiny, le seigneur de Cugnon fit ériger une forteresse de plaine, en rive droite de la Semois. Celle-ci alimentait naturellement les douves. La famille des la Marck y séjournera lorsqu’au XVe siècle, elle succédera à la famille de Cugnon. Au-delà de la forteresse, le chemin remonte vers Auby et Bertrix. A hauteur de la chapelle Notre-Dame du Prompt Secours, le sentier Chauchet permet de rejoindre la vallée des Munos qui, elle aussi, sera dotée d’une fortification d’époque gallo-romaine, le Château des Fées, qui, comme la redoute de Parfonru, sera remis à jour par A. Matthys dans les années 1970. Le Moyen Age nous laissera les traces des occupations de nos ancêtres dans les ardoisières de Linglay, de la Morépire et de la Grande Babinaye, dont les moines d’Orval étaient propriétaires. Il y avait aussi les clouteries, les aires à faulde, toujours visibles en forêt, où l’on fabriquait le charbon de bois et enfin les moulins (forge, huilerie, filature, meunerie).
La période moderne
Après les la Marck, ce sont les Löwenstein, comtes de Rochefort, qui, en 1744 - 47, construiront, sur les fondations d’un bâtiment féodal, la demeure que nous connaissons de nos jours, le château de Cugnon, habité par la comtesse Pierlot. Le domaine avait été racheté, au XIXe siècle, par la famille Pierlot qui donnera à la Belgique un Premier ministre, Hubert Pierlot, entre 1939 et 1945. Sur la façade de la grange du château, figure un bas-relief aux armes des Löwenstein, dont l’association "Alisna" s’est inspirée pour son blason, tout comme la commune de Vresse. Cette famille marquera son passage en faisant construire l’église baroque de Cugnon, dédiée à saint Rémi et classée par la commission royale des Monuments, Sites et Fouilles. Les courbes du clocheton, l’ondulation du rampant, l’insolite mouvement du pignon, le pot à feu évoquent la mouvante architecture du baroque Rhénan. Le cimetière qui l’entoure est aussi classé et comporte une tombe de 1672. Adossée au cimetière, une stèle rappelle le souvenir du Premier ministre Hubert Pierlot. Les Löwenstein avaient un régisseur, Lambert, puis son fils, Charles Sandkoul, d’origine allemande, habitant à la rue du Moulin. Il reste une héritière, à Monthermé, qui porte encore le nom de l’ancien bailli. La ferme voisine possède toujours une taque d’Orval, datée de 1576, aux armoiries de Dom Lambert d’Orvaux, avec la crosse, l’étoile, l’oiseau et le trèfle. Rappelons que c’est vers le milieu du XVIe siècle que Charles Quint octroya à l’abbaye d’Orval les lettres patentes l’autorisant à ériger une forge qui fera sa fortune… Les Löwenstein exerçaient haute, moyenne et basse justice et Sandkoul, bailli de Cugnon - Chassepierre, dirigeait la Cour du Baillage et la Gruerie, sorte de conservation de la forêt. De quelle justice s’agissait-il ? Seul l’adage nous est resté : "Du vin de Mouzon, du pain de Bouillon et de la justice de Cugnon, délivrez-nous, Seigneur ! "… Les Löwenstein ont aussi battu monnaie que s’arrachent les numismates. L’ancienne ferme du château appartient au forestier Gérard Dufour et date de 1695. Les pieds dans l’eau, c’est, dit-on, le bâtiment le plus élégant de Cugnon. Plus ancien, le moulin, construction typique du XVIIe, a malheureusement perdu sa roue à aubes. Il jouissait du privilège, octroyé par Marie-Thérèse, de faire fonctionner une pêcherie à anguilles. Depuis l’an dernier, le moulin Willaime à Herbeumont a installé, sur le mur proche de la Semois, une girouette à l’effigie de l’aigle bicéphale de l’empire austro-hongrois, semblable à celle que nous connaissons au moulin de Lacuisine. Pourquoi pas aussi au moulin de Cugnon, lorsqu’il aura retrouvé sa roue…
La période contemporaine
Le village de Cugnon est un foyer de bâtiments classés : l’ancienne mairie, devenue le siège du syndicat d’initiative de Bertrix - Semois, conserve dans l’aile gauche le local qui, sous l’Ancien Régime, abritait la justice de Cugnon, dont nous connaissons par la légende la réputation... Il y a aussi l’ancienne poste, une ferme, le cimetière et l’ancien presbytère. Il existe toujours, sur la place, une borne comportant la crosse abbatiale d’un côté (Orval) et de l’autre, la lettre "R" (comtes de Rochefort). Tout cet ensemble fait de Cugnon ce qui aurait pu être un des plus beaux villages de Belgique (Reader’s Digest 1981), un village où le savoir-faire des ardoisiers a bâti des maisons de schiste passionnément authentiques, un village où il fait bon vivre et se promener.
Le milieu naturel
Le sentier Chauchet était célèbre déjà du temps du TCB 4 de la Semois, avant guerre. A un endroit, on longe une roche verticale où des escaliers ont été taillés dans le schiste. Le sentier fait le tour du Mergyre et nous amène au Moulin de Linglay où naquit Don Malachie Bertrand, moine d’Orval qui paya de sa vie, au bagne de Cayenne, le soin qu’il avait mis à sauver la bibliothèque du Prieuré de Conques des mains impies des révolutionnaires de 1793. Une plaque lui a été dédicacée sur la façade du moulin, par les soins de l’Académie des Baudets, de Bertrix. Passé le pont de Linglay et la chapelle qui veille aux portes de Mortehan, se profile l’église du village dédiée à saint Remacle. Elle domine l’ancien cimetière, classé, en bordure de Semois. Les tombes, en pierre d’ardoise, sont des XVIIe et XVIIIe siècles. Lieu de méditation par excellence, le site à inspiré nombre de peintres du XXe siècle, comme Raty ou Marie Howet. En descendant la Semois, rive droite, le site de la noue des Ilions est le paradis naturel de la reproduction des poissons. La protection dont il bénéficie du fait du classement n’empêche pas la présence des cormorans qui ont établi un dortoir à la cime des épicéas qui bordent la noue… Ces pêcheurs sans permis s’en retournent à la mer du Nord lorsque les flamands arrivent à la mi-mars pour faire l’ouverture de la truite, avec un permis wallon ! La balade qui longe la rivière en passant près du barrage est tout à fait reposante et donne l’occasion d’admirer les bâtiments de Cugnon baignés par le soleil. Le point de vue de "Thibeauroche", dominant un gouffre de légende appelé "Tonfosse", permet de dominer les villages de Cugnon et de Mortehan, reliés au centre par le pont de Cugnon. C’est tout à côté que les moines d’Orval avaient établi une grange, qui porte toujours le nom de ferme de Thibeauroche, appartenant à la famille Poncin.
En rive droite, le déboisement du Pez , en bordure de la route d’Auby, a créé un point de vue d’où le regard plonge sur la boucle du Fayet, le site de la grotte Saint-Remacle, les rochers bordant la Semois et le massif montagneux de la Côte Lambot où une croix de bois marquait jusqu’il y a peu l’emplacement du site mérovingien occupé jadis par saint Remacle. La croix, pourtant en chêne, n’a pas résisté à la tempête et l’on peut penser que la commune de Bertrix mettra tout en œuvre pour la restaurer prochainement. C’est le dernier signe de vie que les amateurs de descente en kayak peuvent observer avant de s’engager dans les longs défilés sauvages de "Parfonru" et de la "Saurpire" qui précèdent la clairière du "Maka". Cugnon, avec ses campings, a nettement orienté sa clientèle touristique vers l’hôtellerie champêtre en bordure de la Semois, où elle s’adonne joyeusement à la pêche et au farniente, à la promenade et au kayak, dans la sérénité que procure une nature toujours belle et accueillante.  
Renseignement
Ouvert d'avril à août inclus de 9 à 12h.


Ouverture :
Ouvert d'avril à août inclus de 9 à 12h.
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Email: sicugnonx@skynet.be
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